Empreinte, c'est une méditation sur ce qui fait qu'un artiste est lui-même : son geste, sa trace, son regard.
Le motif n'est pas inventé, ce sont les sillons de l'empreinte digitale de mon index droit, reproduits un par un. À la place des crêtes de la peau, une seule phrase, répétée en boucle, qui épouse chaque courbure, chaque bifurcation :
« La perspective de l'Art est ancrée dans l'empreinte de l'artiste »
L'énoncé, le geste et la matière ne font qu'un. L'identité ne se réduit plus à une signature génétique qu'on subit : elle devient un code, une intention.
Le verbe de la formule se lit sur deux niveaux. Ancré, c'est l'enracinement de la démarche dans ce que le créateur a de plus singulier, son histoire, sa façon de voir tandis qu' Encré est la matérialité de l'acte.
Au bas de la feuille, la vraie empreinte de l'index, marquée à l'encre à côté de la signature, scelle l'œuvre comme un certificat d'authenticité biologique.
Le corps et l'esprit, deux traces d'une même présence se font face : l'empreinte à l'encre, instantanée, physique alors que le dessin au crayon, lui, passe par le verbe. Il vient d'une observation patiente, d'un rituel d'écriture où le temps du travail s'incarne dans la matière. Entre la précision anatomique du sillon et la fluidité de la calligraphie, l'œuvre pose une question simple : qu'est-ce qui fait la valeur d'un regard d'artiste ? Peut-être la certitude que toute perspective sur le monde prend racine dans l'empreinte unique de la main qui crée.